Bonne nuit Ninie

Il y a 10 jours, ma marraine bonne fée est partie.

Tout comme pour Cendrillon, c’est une marraine que je ne voyais pas souvent, mais elle était là quand j’en avais besoin. Elle n’était même pas officiellement ma marraine, mais c’est tout comme.

Je lui dois ma découverte des impressionnistes et des Nymphéas, de longues heures à arpenter les sections Égypte antique du Louvre, ma fascination pour le lapis-lazuli et tant d’autres moments qui m’ont construite notamment l’année de mes 12 ans.

Je lui dois l’envie d’aller voir les temples d’Angkor Wat en 2015.

Je lui dois aussi mon premier journal intime : « pour raconter tes amours ». C’était important pour elle, l’Amour.

L’été dernier, quand plus rien n’allait, c’est elle qui m’a rassurée : « On est des Jurassiens, on est des durs! Il va s’en sortir. Regarde, ça se voit qu’il n’est pas content d’être là !».

La seule promesse qu’elle n’a pas tenue : « la prochaine fois, on ne se voit pas dans un hôpital ! »…

C’était une grande dame, les hommages rendus par le monde du photo-journalisme le confirme.

Elle avait ses défauts, elle a fait des faux pas mais elle faisait de son mieux pour vivre selon ses convictions.  Jusqu’au bout. Jusqu’au bout elle a souri aux visiteurs, fait des efforts pour leur parler chaleureusement et serré la main en souriant aux soignants qui entraient dans sa chambre.

Il y a deux semaines, j’assistais même à la conversation téléphonique la plus hallucinante de ma vie. Pendant 10 bonnes minutes, je tenais le téléphone à son oreille et elle marmonnait des mots que Bruno comprenait au quart de tour. Jusqu’au bout.

Et puis il y a eue ce mercredi où elle n’a plus rouvert les yeux. Ce mercredi où elle est partie rejoindre Pierre, Sandra, Mamé et tous les autres qui l’attendaient depuis si longtemps.

Pour finir cet article, je vais paraphraser un autre de mes humains préféré : les étoiles, quand elles meurent deviennent des supernova qui illuminent et colorent le ciel pendant des milliers d’années. Hubert Reeves disait que nous sommes tous des poussières d’étoiles. En ce cas, je suis un poussière d’Annie.

Bonne nuit Ninie.

Malgré toute la tristesse de ce moment, c’était le plus bel enterrement possible

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