🎶 Le tournesol, le tournesol n’a pas besoin d’une boussole… 🎶

Jusqu’à 2020, le tournesol Ă©tait synonyme pour moi de graines Ă grignoter que l’on trouvait dans des sachets vintages avec une tĂŞte de clown dessus. Il pouvait aussi m’Ă©voquer une nature morte de Van Gogh dont le genre porte bien son nom puisque les fleurs y perdent leurs pĂ©tales malgrĂ© des couleurs lumineuses.
Ă€ l’étĂ© 2020, j’ai eue tout le loisir d’observer de près, au quotidien, le cycle de vie fascinant d’un tournesol plantĂ© dans le jardin de ma mère par un locataire dĂ©sĹ“uvrĂ© et confinĂ©. J’ai vue cette fleur taille XXL sortir timidement des pĂ©tales jaunes de son bourgeon de verdure avant d’exposer d’un coup son cĹ“ur Ă©clatant pour illuminer ce jardin breton.
Jour après jour, j’ai vu ce cœur changer de texture et de couleur en cercles concentriques, comme pour orienter abeilles et autres insectes pollinisateurs doucement de ses pétales à son centre. Chaque matin, un nouveau cercle lisse s’était redressé pour s’ouvrir et offrir toujours plus de pollen à ses gourmands visiteurs. Un compte à rebours en forme de cible :
– dans 5 jours, mon cĹ“ur sera totalement Ă©bouriffĂ© et je n’aurai plus besoin de mes incroyables pĂ©tales dorĂ©s…
– dans 4 jours, je vais commencer Ă baisser la tĂŞte, Ă©puisĂ© d’avoir tant rayonné…
– dans 3 jours, je vais cĂ©der la place aux bourgeons voisins qui trĂ©pignent d’impatience…
Comme c’était fascinant !
J’ai alors compris pourquoi Van Gogh les avait choisis. Ce n’est pas une simple nature morte, un bouquet provençal posé sur une table avec lequel étudier des nuances de jaunes et d’ocres. C’est une ode à cette fleur incroyable dont les évolutions sont perceptibles au quotidien, sans aucuns autres outils que ses yeux et son attention.
A l’Ă©tĂ© 2020, j’avais mis dessin et peinture en stand by depuis plus de 2 ans, alors j’ai vite oubliĂ© cette histoire de tournesols… Et puis, ce printemps, j’ai plantĂ© des tournesols dans mon jardin. Et je les ai vus fleurir et je suis revenue tous les jours les voir Ă©voluer.
Alors, quand j’ai cherché ce que je voulais dessiner après le grand chêne, j’ai vite trouvé mon modèle.
J’avais besoin d’un papier carré, or je n’en avais pas. J’ai donc combiné deux blocs pour arriver au bon format. Un diptyque, ça change un peu.
Mes deux blocs étaient de texture différente. J’en ai fait un exercice technique : comprendre ce que la texture du papier apporte à l’aquarelle. Je ne m’attendais pas à une telle différence !
Le lisse glisse et donne un rendu assez uniforme et « brillant » alors que le texturé résiste, absorbe, donne un grain de « photo argentique » et mes couleurs me sembles plus ternes. Je crois que là où j’ai le plus peiné, c’est pour ajouter l’encre au texturé.
Ce simple tournesol dans mon jardin m’a largement inspirée des idées d’articles de blogs donc il n’est pas impossible que je continue de blablater dans les semaines à venir, si le rythme effréné des vacances scolaires le permet.
Votre commentaire