Thème du jour : Discover

J’aurai pu parler de la multitude de pays et de cultures rencontrés pendant ce voyage. Des habitudes que je ne concevais même pas comme manger de la papaye cueillie à même l’arbre, récolter et faire sécher de vrais grains de cafés, nager avec des tortues de mer, construire une école en bouteilles plastiques recyclées et bien d’autres choses encore.
Mais à bien y réfléchir, ma plus grande découverte pendant ce voyage, c’était… moi.
Dit comme ça, ça peut sembler… égocentrique… ou banal. Après tout c’était un des thèmes de philo que j’ai eue en prépa : « la recherche du bonheur ». Au travers du Chercheur d’or, Le Clezio nous emmenait dans un grand voyage pour conclure que le bonheur résidait à deux doigts de tes pieds (et que la simplicité réside dans d’alcôve Bleue, jaune et mauve … et vice et versa, comme dirait l’autre).
C’est donc d’une incroyable banalité mais la découverte qui m’a le plus marquée pendant ce voyage, c’est moi. Qui je suis hors des influences de mon quotidien.
A Noël 2014, j’ai vécu un tournant. Un virage. Un boost de confiance en moi. J’en avais fait un article sur ce même blog : Un peu par hasard, sur un coup de tête, j’ai accepté de faire un tour en parapente.
Il faut savoir que j’ai grandi dans une famille de gens sujets au vertige au point de fermer les yeux dans les télésièges, de me broyer la main à la moindre traversée de passerelle et de raser les murs lors de la visite du top floor de tours un peu trop hautes.
J’ai donc grandi avec la certitude que le vide fait peur.
Alors pourquoi ai-je accepté ce tour en parapente ? Il s’agit quand même de se jeter dans le vide, tout juste retenue par un morceau de tissus.
J’ai accepté parce que je suis une femme à la fois intuitive et rationnelle. J’entends par là que je suis souvent mon intuition mais si je me sens bloquée par quelque chose, je passe par le rationnel pour comprendre le comment du pourquoi et me débloquer si possible.
C’est donc un peu un mélange d’intuition et de réflexion qui s’est passé ce jour là : non, je n’aurais pas pensé seule à aller faire un baptême de parapente mais si quelqu’un qui me semble relativement fiable malgré ses blagues à l’humour néo zélandais que je capte mal, me propose un baptême de parapente, j’ai envie de relever le défi.
Au fond, pourquoi pas ? J’étais alors entourée de gens qui parlaient, respiraient, vivaient parapente. Autant essayer de comprendre le comment du pourquoi de leur engouement . Et puis c’est pas tous les jours qu’on a un baptême de parapente gratuit juste pour que quelqu’un puisse valider son habilitation au tandem.
Alors j’y suis allée. J’avais un peu peur. Mais mon côté rationnel a pris le dessus : j’avais confiance dans les gens qui m’entouraient. Ils n’avaient strictement aucun intérêt à me faire du mal. Celui qui m’emmenait inspirait le respect de ses semblables par une pratique régulière et expérimentée du parapente. Le moniteur en charge de valider son habilitation ne m’aurait pas laissée partir s’il y avait un risque.
Alors j’ai décollé. Et j’ai compris. Voler. Prendre de la hauteur sans moteur mais avec une relative maîtrise de l’engin. Faire concurrence aux oiseaux. Lâcher prise tout en contrôlant. Se laisser porter mais aussi diriger. Dépendre des éléments et savoir s’en servir.
Et au delà des sensations en l’air, tout l’univers des parapentistes : la solidarité, l’amitié. La compersion, cette façon de se réjouir du bonheur des autres sans le jalouser.
Je suis encore aujourd’hui, tellement heureuse de m’être laissée aller à ce défi !
Ça a ouvert en moi un début de réflexion sur l’inné et l’acquis. Ce que je voulais garder et ce que je pouvais laisser partir.
Résumé comme ça, ça ressemble à une crise d’adolescence tardive.
C’en était peut être une…
Mais encore aujourd’hui j’ai l’impression de continuer à faire le ménage. Il m’arrive encore de me dire : non, ça, ça ne m’appartient pas, ça appartient à un parent ou un proche. Moi ça ne me va pas donc,je laisse partir.
Et à chaque fois, ça me fait du bien. Je me sens plus légère et plus en confiance avec moi même.
D’ailleurs, c’est suite à ce vol en parapente que j’ai commencé à utiliser le kit d’aquarelle offert par les collègues. Et que j’ai recommencé, très parcimonieusement, à écrire une BD.
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