I beleive I can fly

Merde, dans quoi je me suis embarquée moi à dire oui avec un grand sourire pour un vol en parapente ?

J’ai le vertige moi bordel !

Oui mais… si je ne le fais pas là, je ne le ferais jamais. Si Joël l’a proposé, c’est que je ne prends pas de risque. Et si ça va mal, je peux toujours demander à ce qu’on écourte le vol et je n’aurai pas l’impression de perdre des sous (oui, c’est moche d’être vénal mais quand il s’agit de savoir si on a le vertige en parapente, c’est pas mal).

Allez, on y va !

Petit brief avant le vol :

– Pour le décollage, tu mets les bras en avant et tu cours et tu ne t’arrêtes que quand je te dis d’arrêter, même si on est en l’air on peut retomber et continuer à courir. Quand je te dis que c’est bon, tu t’assoies. Ok ?

– OK…. Mais euh, et pour l’atterrissage ça se passe comment en fait ?

– Ah oui, ben, je te dirais de te lever et tu devras te préparer à courir.

Et là je reste avec ma foule de questions : est-ce qu’on peut s’entendre entre pilote et passager quand on est en vol ? Et si je comprends rien à ce qu’il me dit avec son accent Néozélandais ? Et pourquoi les autres ils disent que le temps n’est pas bon pour décoller alors que nous on va décoller ? Et on va aller jusqu’où ? Et…

Run ! run ! run !

Décollage
Décollage

Bon, ben voilà, je suis en l’air. Pas confortable du tout, très mal assise mais je ne sais pas si j’ai le droit de gigoter pour être plus confortable…

Pour le vertige ça va, on n’est pas si hauts que ça en fait. Attends, ils sont où les autres ? Catherine, elle prend bien les photos ? Beh… Ah… Heu… c’est eux les petits points tout en bas ?

Loin
Loin

Là, j’ai une foule de sentiments qui se sont bousculés sous le coup de l’adrénaline en mode : oulala, je suis vraiment loin de ma zone de confort là et d’ailleurs je le sens tellement je suis pas confortable dans ce harnais. Merde, comment je gère ça ?

Allez, je tente la pleine conscience : je profite du moment là, maintenant et je n’anticipe pas la suite et je me dis que c’est trop cool d’avoir la chance de faire ça pour Noël.

Jusqu’à ce que… Tiens, je peux l’entendre mon pilote quand on vole. Par contre, le comprendre est une autre paire de manche, soit je ne comprends pas l’accent, soit je ne comprends pas le jargon parapentiste. Il me dit qu’on va atterrir à cause d’une vague de dust qui arrive de la vallée au fond là bas. Moi, ça me va bien d’atterrir tellement je ne suis pas confortable.

Oula, c’est quoi ce movement chaotique ? En parapente aussi ça existe les turbulences ?

Allez on y est presque…

Oulà, c’est vrai qu’il y a un sacré nuage de poussière qui arrive de la vallée !

Blonk !

Euh…

Là, je suis au sol sur les fesses je crois.

Et je ne suis pas sûre que le niveau de flasquitude de mes guiboles me permette de me relever…

– Come on, on your feet !

Heureusement que Pete est là pour me relever. J’avoue que je suis un peu sonnée par l’expérience.

– Ca t’a plu, tu penses réessayer ?

– Oui, mais p’tet pas tout de suite…

Baptême de parapente
Baptême de parapente

J’aurais aimer lister tout plein de belles reflexions philosophiques qui me seraient venues de ce vol. Mais, honnêtement, tout ce qui m’est venu juste après ce vol c’est un trop plein d’émotions et d’adrénaline que j’ai eu du mal à gérer.

Le Petit Futé allemand recommandait d’aller voir les raies mantas de Big Island (à Hawaii) pour une « life changing experience ». Si c’était une expérience magique, je ne l’ai pas trouvée « life changing ». Mon baptême de parapente, lui , je l’ai trouvé « life changing » parce que, finalement, dans tout ce que j’y ai senti, il n’y avait pas de vertige, pas de peur de tomber.

Je n’ai p’tet pas tant le vertige que ça, ce n’est pas parce que j’ai passé 28 ans entourée de gens qui me disent de faire attention au vide que j’ai aussi peur que eux… il va falloir que je me penche de plus près sur la question !

Une réponse à « I beleive I can fly »

  1. Avatar de Serge
    Serge

    Bravo Chami !

    L’esprit « si je ne le fais pas là, je ne le ferais jamais » est le bon ! C’est même selon moi, l’emblème de ton projet.

    Alors, n’hésite pas à continuer.. de t’envoyer en l’…

    Allez, je retourne à mon genou

    Serge

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