Inktober 2024 – jour 22

Thème du jour : camp

Four solaire d l’ABC. Dessin sur tablette

Ce camp, j’en ai déjà parlé dans le cadre de cet Inktober, c’est l’Anapurna Base Camp. Le camp de base de l’Anapurna. Le point de départ pour les alpinistes chevronnés qui voudraient s’attaquer à certaines des plus hautes montagnes de l’Himalaya.

En réservant ce trek, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Trois jours avant de partir, j’étais encore en train d’éplucher tout la littérature que je trouvais autour de moi (donc peu de choses) pour essayer de répondre au milliard de questions qui me venait en tête : quel matériel faut-il prévoir? Quelles températures fera-t-il là-haut en avril? Mon sac de couchage actuel peut-il suffire dans un camp de base aussi haut? Mon manteau sera-t-il assez chaud? Me faut-il des chaussures spéciales genre moon boots? Faut-il prévoir des snacks ou pourra-t-on en acheter sur la route? Et faut-il des pulls, sous-pulls, chaussettes en plus? Combien de kilos faut-il prévoir? Pourrais -je laisser des affaires en sécurité quelque part le temps du trek, pour m’alléger des maillots de bains et autres affaires inutiles à cette aventure? Et est-ce que je pourrai encore m’équiper à Pokhara si le guide me dit qu’il me manque quelque chose? Et avec qui vais-je partir? Sera-t-on nombreux? …

Bref, ça fusait dans ma tête.

J’aurais bien demandé par mail aux organisateurs mais les échanges par mail n’étaient pas hyper fluides. Problème de langue ou de maîtrise de l’informatique, je ne saurais pas dire. Alors j’ai pris quelques affaires en plus mais pas trop pour être en capacité de porter mon sac. Et je suis partie faire ce trek.

Arrivée à Pokhara, on a répondu à la plupart de mes questions :

C’est le début du printemps. Sous ces latitudes, ça veut dire qu’on ne croisera la neige qu’à partir de l’avant-dernière étape. L’ABC sera probablement encore enneigé mais il ne fera pas excessivement froid. Il y aura des couvertures disponibles à chaque étape donc mon sac de couchage fera l’affaire. Des chaussures de trek et un bon manteau imperméable et coupe vent devraient suffire. Bien sûr, quelques sous-vêtements chaud peuvent éviter de prendre froid pendant les temps de repos mais il vaut mieux essayer de voyager léger. Le porteur se charge de porter nos sacs en plus de ses affaires. Moins on prend d’affaire, moins on lui casse le dos. On peut laisser notre surplus d’affaires dans les locaux de l’agence à Pokhara pour les récupérer à notre retour. Il y aura des villages sur le chemin où on pourra s’arrêter pour se restaurer. Pas besoin de faire le plein de grignotages.

Pour ce trek, nous devions être six touristes. Deux ont annulé de dernière seconde et deux autres sont pris dans des problèmes de transport et arriveront avec un ou deux jours de retard. Ils se joindront à un autre trek. Nous sommes donc deux jeunes femmes du même âge et du même niveau d’expérience en randonnée. Ma camarade de trek est une américaine qui travaille à Hong Kong.

Je voyage dans les meilleures conditions possibles. Je crois que je n’aurais même pas osé imaginer voyager dans ces conditions. Deux touristes qui partagent suffisamment de points communs pour se lier d’amitié, un guide/ prof de yoga et un porteur. C’était royal. Tout semblait personnalisé et adapté à nos besoins.

J’ai donc pu vérifier par moi même qu’en avril, le camp de base de l’Anapurna est encore un peu enneigé (vous vous souvenez de l’histoire des glissades dans la neige? ) et découvrir que, pour y arriver, on passe par des forêts de rhododendrons qui commencent à fleurir. C’est féérique. J’avais en tête les Alpes françaises bordées de conifères et je marche dans des montagnes pleines d’arbres fleuris aux camaïeux de roses et violets.

Il fait froid en haut de la montagne, certes mais l’ABC n’est pas un village de tentes comme on en voit sur les photos du camp de base de l’Evrest. Ce sont des bâtiments en dur, relativement confortables. L’électricité est fournie par des générateurs mais utilisée avec parcimonie. La cuisson des repas se fait au four solaire.

Nous avons des lits. Des couvertures pour venir compléter les sacs de couchage. Les murs nous gardent à l’abri du vent et de la neige tandis que la pièce commune propose une table au chaud avec une vue imprenable sur la vallée.

Quand on marche toute la journée, un simple lit à l’abri du vent et du froid suffit pour bien dormir.

Ce camp n’avais donc rien des campements que je pouvais imaginer en préparant ce trek et c’était sincèrement une agréable surprise. J’y ai même croisé un papillon. Sur une étape qui n’était que cailloux et neige, il est venu se poser tranquillement sur mon doigt. Lui aussi avait dû dépasser ses limites pour arriver là.

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