Thème du jour : ridge (crête)
Pas simple de choisir une crête dans ce voyage…

Allez, va pour la Nouvelle-Zélande.
Pour le parapente, on était à Noël, cette fois, pour la crête, c’est une semaine plus tard, le 31 décembre. Ce jour là, grand soleil. Pas de vent.
Que font les parapentistes quand il n’y a pas de vent (du moins ceux que je fréquentais) ?
D’autres sports de montagne : escalade, rando, surf (oui, en montagne, sur une vague de fleuve) et… cross ou montain biking. Oui, vous savez, on en a vu aux JO cet été : du VTT dans des chemins… vraiment tout terrain.
Donc, en ce 31 décembre, le petit groupe de parapentistes se motive pour aller faire un tour de cross et je les accompagne pour aller me promener au bord de la rivière. Sur mes jambes. Parce que le vélo et moi, ça ne fait pas deux mais, dans une famille où un parcours de 18 trous de golf est considéré comme du sport intensif, autant vous dire que je n’avais jamais pratiqué le cross.
Arrivés au point de départ, les autres insistent pour que je les accompagne. À vélo, donc. Et oui, c’est le genre de personnes à avoir un vélo en rab, à ma taille et un casque en rab à me prêter. Le tout en vrac dans les vans qui nous ont emmenés sur place.
Bon.
Une semaine avant je parlais du premier jour du reste de ma vie, d’affronter ma peur du vide?
Entre temps, j’ai testé l’escalade, le surf en mode machine à laver, la conduite à gauche d’un gros van et même la slack line (il n’y a pas de petites découvertes). Alors pourquoi pas le cross?
Je les préviens quand même : je n’ai jamais fait ça. Je ne promets pas de ne pas finir en marchant à côté de mon vélo.
Et c’est parti. On commence par une belle montée bien raide. Lentement mais sûrement.
Je dis assez vite aux autres de ne pas m’attendre.
On me conseille de ne pas trop freiner dans les descentes, les obstacles se passent mieux avec la vitesse.
Hum hum
Finalement, pris de pitié, on me signale un raccourci et je continue laborieusement mon expérience pendant que les autres filent sur la grande boucle. Certes ils m’ont vite semée. Mais moi, sur mon petit bonhomme de chemin, j’avance. J’affronte de nouvelles peurs et j’admire le paysage autour de ce chemin chaotique.
J’ai l’impression de faire une attraction à sensation comme le train de la mine, mais à vélo. Ça monte, ça monte et… quand la crête arrive, on ne voit pas toujours la suite, on appréhende la redescente. À raison ou à tort, selon les crêtes.
C’est physique, surtout pour moi qui n’ai pas fait de vélo depuis plus d’un an à ce moment là. Je peine. Et je me fais la réflexion que le sport intense est sans doute l’un des meilleurs moyens de vivre dans l’instant. Sur la fin, je résiste à l’envie de mettre pied à terre. Enfin non, pas exactement. En vrai, je mets pied à terre 3 min sur le dernier plateau avant de me faire doubler par q’un ami qui m’incite à remonter sur mon vélo car c’est bientôt fini. Alors je me remotive, je remonte sur mon vélo et je me concentre sur chaque coup de pédale. Incapable de penser à autre chose. Tenir sur la dernière descente. Se concentrer pour que tout se passe bien. Finir ce trajet pour pouvoir être fière de moi.
Et je suis arrivée. Épuisée, un peu bleuie par les branches qui m’ont giflé les bras et les jambes, mais vivante.
Rouge comme une tomate mais fière de cet exploit personnel.
Prête à démarrer une nouvelle année.
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