Inktober 2024 – jour 17

Thème du jour : journaling

J’ai reçu mon premier journal intime pour mes 13 ans.

Quand ma tante me l’a tendu, sur le moment, je n’ai pas compris l’intérêt du truc. Je vous propose une transcription à peu de choses près de la discussion :

A- C’est un cadeau pour toi, pour que tu puisses écrire tes secrets.

C- Mes secrets ? J’ai rien à écrire moi. Je te raconte tout.

A- Mais si, tes amoureux, tes amis, ce qui se passe etc.

C- J’ai pas d’amoureux.

A- Comment ça?! À ton âge, avec ma sœur, on faisait le mur le soir pour rejoindre les copains quand on partait en vacances avec les parents. J’avais plein d’amoureux moi!!

C- …

Bref, j’étais comme une poule devant un couteau.

Certes, j’avais entendu parler d’une certaine Anne Franck et j’avais lu le journal de Zlata. Mais … je n’étais pas dans un pays en guerre. Aucun rapport donc!

Et puis, en arrivant en 5eme, une amie m’a proposé un concept rigolo : un cahier partagé que l’on gardait à tour de rôle quelques jours pour s’écrire des trucs. On parlait de tout et de rien. On prenait le temps de partager nos humeurs, nos questionnements d’adolescentes, nos chansons et images préférées. Ca fait de sacrés souvenirs !

Ça me plaisait plus que d’écrire à destination d’un cahier. « Cher journal »… cette formulation ne m’allait pas. Pourquoi s’adresser à un objet? Je ne parle pas à ma lampe alors pourquoi je parlerais à un journal?

Finalement, j’ai trouvé un compromis : j’ai adressé le carnet que ma tante m’a offert à ma meilleure amie de primaire partie en Corée et dont j’avais perdu le contact. Je commence d’ailleurs le carnet par ces mots : « je t’écris tout ce que j’aurai aimé te dire ».

And the rest, as they say, is history.

J’ai écrit régulièrement à mes amies pendant tout le collège et tout le lycée. Puis ça s’est tari.

Mais j’ai gardé le pli d’écrire mes débordements d’émotion. D’écrire pour poser les choses et prendre du recul. D’écrire pour le plaisir d’écrire. De raconter des histoires.

En réfléchissant à tout ça, j’ai réalisé que c’est peut être ça qui me manque le plus à l’heure du numérique où le distanciel fait disparaître l’informel. Un texto / un mail vite fait de temps en temps pour prendre des nouvelles, c’est cool mais dans une lettre… on se raconte autrement, on prend plus de recul. On aborde d’autres sujets.

Un peu comme dans un poste de blog mais avec quelqu’un qui prend le temps de répondre longuement 😉

PS: après une séance d’archéologie, je viens de retrouver un carnet de fables inventées que j’ai offert à mon grand père : je raconte des histoires par écrit depuis au moins 28 ans.

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