Inktober 2024 – jour 10

Thème du jour : nomadic

Colorado Zéphyr en aquarelle et feutres

Parmi toutes les options disponibles pour traverser les Etats-Unis d’Est en Ouest, j’ai choisi le train. Déformation professionnelle ? Illusions des souvenirs d’enfance abreuvés aux Lucky Luke et Wild Wild West? Rêve de trains couchettes hors SNCF?

En planifiant mon voyage, j’ai donc regardé les différentes options pour voyager de Washington à San Francisco en train. Parmi les trains « scéniques » les plus renommés j’avais, en gros, 2 options :

  • Le Coast Starlight qui parcours la Sunbelt, au Sud du pays.
  • Le California Zéphyr qui passe par le Wyoming, au Nord.

Aucun des deux ne faisait mon trajet exact. Ce ne serait donc pas le critère déterminant.

Entre Saint Louis et Chicago… les deux villes étapes me tentaient. Alors j’ai choisi ce que j’avais l’impression de connaître le moins. Adolescente, j’ai eue la chance de visiter les grands parcs américains de la côte Ouest, de Yellowstone à Phœnix et j’avais étonnamment plus l’impression de connaître le sud du pays.

Et puis, parmi mes premières lectures, j’ai été marquée par Mon amie Flicka de Mary O’Hara qui se déroule dans le Wyoming. Je n’étais donc pas contre l’idée de voir de mes propres yeux ces vertes prairies qui s’étendent à l’infini.

J’ai ainsi opté pour le California Zéphyr.

Pour un avant goût du voyage dans un train américain , j’avais d’abord une nuit à passer sur le trajet entre Washington et Chicago. Puis j’avais tout planifié pour passer 24h à Chicago pour aller voir le lac et voir si j’y retrouvais un petit peu de l’ambiance du Chicago meatpacker, ce restaurant parisien où on allait en famille fêter les anniversaires des enfants. On y voyait justement des petits trains circuler, suspendus au plafond. Toute la famille enfilait des bavoirs en plastique pour se goinfrer de barbecue ribs en regardant les serveurs faire un show toutes les heures.

Arrivée à la gare de Washington, j’ai découvert les trains de l’Amtrak.

À l’image de ce pays, ils sont immense (oversized qu’ils diraient là-bas). Et on sent qu’ils n’ont pas tout misé sur le fuselage et l’esthétisme des trains à grand vitesse européens… il faut plutôt s’imaginer des voitures rectangulaires classiques en métal. Un peu l’image que j’avais des wagons de marchandise des films américains (pour leur aspect extérieur). Simple. Grand. Gris métallique.

J’étais bien loin des locomotives à vapeur de Lucky Luke et des voitures en bois.

Sur le quai, j’ai laissé mon gros sac à dos partir en « soute à bagages », je le récupérerai comme à l’aéroport, sur un tapis à bagages, dans la gare d’arrivée. Je n’ai gardé que mon petit sac que j’avais complété d’un change et une trousse de toilette.

Mon père m’a gentiment offert l’upgrade en lits couchettes sur les deux trains que j’allais prendre. Le pluriel n’est pas de trop puisque, faute de comprendre le fonctionnement des réservations de l’Amtrak, il s’est retrouvé à me réserver 2 lits sur le premier train et 4 sur le second!

J’ai donc embarqué dans une voiture couchettes à la place de la voiture « classique ». J’avais un maître d’hôtel qui s’occupait de transformer mon siège en lit pendant mon dîner et inversement pendant mon petit déjeuner. Les repas se prenaient tous à la voiture restaurant avec une politique de remplissage de tables qui m’a permis de côtoyer toutes sortes de passagers, depuis les touristes français qui se plaignaient que le menu soit en anglais jusqu’aux américains pure souche, à l’accent à couper au couteau, qui ne comprenaient pas pourquoi on leur proposait des couverts pour manger des burgers.

Sur mon premier trajet, j’ai découvert, à mes dépends, que les rails américains appartiennent au fret qui y est donc prioritaire. Habituée des TGV remboursés au bout d’une heure de retard, j’ai donc compris que c’est un luxe français inimaginable aux USA, au même titre de la sécurité sociale. De Washington à Chicago, je n’ai pas seulement eue plus d’une heure de retard, je me suis aussi retrouvée à débarquer dans la pampa à 4h du matin pour finir mon trajet en car.

Quelle idée aussi de prendre un train de voyageur en pleine saison des récoltes?!

Je suis donc arrivée à la gare de Chicago en car, avec plus d’une demi-journée de retard. Le temps de récupérer mon sac, je n’avais plus le temps d’aller visiter la ville dont je n’aurais vu que la gare avec son immense drapeau américain.

Évidemment, mon train suivant était lui aussi en retard.

A l’époque, pas d’alertes sms ni d’appli pour anticiper le retard. Juste une paire de fesses sur lesquelles me poser en guettant le tableau d’affichage et en observant les gens dans la gare. Je n’avais même pas le réflexe de les dessiner. J’ai juste laissé mon regard curieux vagabonder d’un groupe à l’autre en imaginant leurs histoires.

Enfin, j’ai pu embarquer dans le California Zéphyr. Sur le même modèle que le précédent, il était, je crois, un peu plus long et proposait en plus une voiture scénique : Un endroit où se poser en journée pour admirer les paysages grandioses que nous allions traverser sur des sièges orientés vers les fenêtres panoramiques.

Avec le retard accumulé au départ, ce train a fait honneur à son nom. Nous avons traversé le nord-ouest des Etats-Unis comme un vent, doux qui ne s’arrête presque pas. À chaque escale, le chef de bord mettait en garde les voyageurs de ne pas descendre fumer au risque de rater le départ du train. Si j’avais été fumeuse, ce trajet de 4 jours m’aurait sans doute mise à rude épreuve.

Je ne suis sortie qu’une seule fois de ce train avant San Francisco, pour prendre l’air 5 min sur le quai. Je savourais vraiment ma chance d’avoir une chambre pour 4 à moi toute seule : j’avais l’espace de faire un peu de gym pour me dégourdir les jambes sans me cogner à d’autres personnes.

Enfin, il ne me restait plus qu’à profiter du paysage, de ses couleurs de début d’automne, des ses aspects surdimensionnés. Ce que j’ai fait. Largement.

Une voiture scénique pour tout le train… autant dire que ses places valaient cher! Il fallait arriver tôt et ne pas s’absenter trop longtemps au risque perdre sa place, en particulier lors des passages pittoresques comme le passage des rocheuses.

Coup de chance, dès le premier jour, j’ai sympathisé avec un couple de retraités américains qui faisait le tour du pays. Ils voyageaient en voiture « classique », dormaient assis sur des sièges plutôt confortables et inclinables.

Ce couple s’est pris d’affection pour moi. Plus jeune que leurs enfants, j’avais suffisamment d’économies de côté pour voyager tandis qu’ils hébergeaient encore leurs enfants déjà bien endettés.

A défaut de pouvoir m’adopter définitivement, ils m’ont donc gardé un siège à leurs côtés en voiture scénique à chaque fois que j’allais manger au restaurant.

C’est en se racontant nos vies respectives que nous avons admiré les paysages d’automne dans les rocheuses. Ces myriades de couleurs chaudes dans un paysage de montagne sauvage.

Conclusion : prenez le temps… d’aller lentement et d’admirer les paysages avec l’Amtrak!

Une réponse à « Inktober 2024 – jour 10 »

  1. Avatar de radiant104ad7f935
    radiant104ad7f935

    il etait temps que tu nous decrive cette partie du voyage😘

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