Chami à la ferme

Ou la parisienne à la ferme.

Et oui, j’ai passé 10 jours à m’occuper d’une petite ferme en périphérie de la ville à Christchurch.

Ça veut dire quoi s’occuper de la ferme ?

Eh bien, avant tout, ça veut dire qu’à peine sortie du lit, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse un grand soleil, avant même d’avoir pris un p’tit dej ou une douche, on file au garage récupérer les 2 auges, les remplir des restes du diner de la veille (hors viandes car, en kiwiland, il est interdit de donner de la viande aux cochons) et de quelques granules à cochons pour les apporter aux deux cochons qui trépignent d’impatience dans le grand paddock. A peine passée la porte du paddock, les deux gros cochons me foncent dans les jambes. En tant que tel, ce serait juste embêtant, mais quand un cochon aux solides défenses (celui au second plan dans la photo suivante) vous fonce dans les jambes… on passe vite en mode jambes de schtroumpfette pas très glamour.

Cochons parés à l'attaque de la parisienne !
Cochons parés à l’attaque de la parisienne !

Et puis, les cochons ne sont pas les seuls à me foncer dessus en couinant, il y a aussi les 4 agneaux qui raffolent de la nourriture pour cochons. Et de doigts. Et d’écharppes qui trainent…

Et ton appareil photo, je peux le manger ton appareil photo?
Et ton appareil photo, je peux le manger ton appareil photo?

Dangereux ce paddock au réveil !

Avant d’en sortir, il faut vider la réserve d’eau et la nettoyer pour la re-remplir en sortant.

Là, ce sont les 7 alpagas qui font une drôle de tête en regardant mon manège. Ils s’approchent discrètement dans mon dos et sursautent pour s’enfuir loin au moindre mouvement de ma tête qui montre que je les ai vus. Eux, au moins, ne me foncent pas dessus ! Mais ils sont plus difficiles à prendre en photos.

Bon, ça y est, on en a fini avec le grand paddock, passons aux poules.

Un grand seau plein de graines à la main, avant même d’ouvrir la porte, le comité d’accueil est au taquet.

Noires, blanches, marrons, grosses, fines, barbues, il y en a pout tous les goûts
Noires, blanches, marrons, grosses, fines, barbues, il y en a pour tous les goûts

En tout, c’est une vingtaine de poules et un bon gros coq qui m’attendent de pied ferme devant la porte.

Et forcément, quand je l’ouvre, elles essayent de se faire la malle. Pas bêtes, les poules !

Mais, une poignée de grains envoyée en direction du poulailler et tout le monde rentre au bercail. Mieux que ça en fait, tout le monde me suit/ me précède/m’entoure vers la mangeoire avant de se mettre à courir frénétiquement en cercle autour de la mangeoire. A croire que les poules jouent aux chaises musicales en mode inversé : tant qu’il n’y a aucun bruit, on tourne autour, puis au moindre bruit de grains versés, on se précipite pour trouver une place pour manger.

Finalement, on n’est pas allé les chercher bien loin les inspirations pour nos jeux d’enfants !

Ça y est, les poules ne sont plus dans mes pieds. Je peux donc passer à l’activité la plus charmante de la journée : ramasser leur caca. Merci les filles, sympa l’odeur dans le poulailler le matin !

Heureusement, c’est relativement rapide !

Et la tâche suivante est plus réconfortante puisqu’il s’agit d’arroser le potager et de cueillir ce qu’on a envie de manger pour le déjeuner et le diner. Humm, les bonnes asperges !

Ben oui, c’est le printemps ici.

Le potager en devenir
Le potager en devenir

Oh et un jour sur deux il y a aussi la mission : vider les toilettes des alpagas. Car oui, les alpagas sont des êtres civilisés : ils ont des toilettes; et tels des moines, ils vont tous faire leurs besoins au même moment, au même endroit.

Bref, après un réveil aussi intense, le petit dej’ est bien mérité ! Et la douche aussi, mais elle attend parfois que d’autres tâches pas très propres soient effectuées.

Puis vient 14h

14h, c’est l’heure d’ouverture du chicken run.

Ce coup-ci, le comité d’accueil est là mais ne tente pas de s’enfuir par ma porte, bien au contraire, il attend que j’ouvre la porte qui donne sur le grand paddock. Et c’est parti, pour une aprem de folie chez les poules ! On picore dans l’herbe, on fonce sur tout ce qui bouge, on monte sur les cochons qui dorment, on regarde les moutons se prendre pour des chèvres et monter sur la niche des cochons (oui, ici, les cochons ont leur niche et les moutons font de l’escalade).

Et pendant ce temps, je vais collecter la 30aine d’oeufs qui m’attendent. Pour la plupart, c’est facile : il y a juste à ramasser dans le poulailler vide (enfin, facile mais pas toujours sans surprise quand la poule a fait ses besoins dessus…). Parfois, la poule est encore là mais déguerpit en me voyant approcher. Et puis, d’autre fois, il y a les mères poules invétérées. Celles qui ne bougeront pas d’un pète quand on approche, celles qui becquettent la main qui les touchent. Pour celles-ci, il est bon d’avoir des gants.

Les poules envahissent le grand paddock sous les yeux curieux des alpagas
Les poules envahissent le grand paddock sous les yeux curieux d’un alpaga

Voilà, les tâches récurrentes de la ferme sont finies. Enfin presque. Tout au long de la journée il y aussi le charmant contrôle pipi du vieux chien incontinent. Miam. Finalement, je ne regrette pas de ne pas avoir eu de chien à la maison quand j’étais petite : entre le chien incontinent et celui qui gémit 20h/24 à moins que tu ne joues avec… je suis vaccinée contre les chiens à domicile.

Tu joues avec moi ? dis, hein, tu joues ? allez quoi, joue !
Tu joues avec moi ? dis, hein, tu joues ? allez quoi, joue, sinon je te fais mes yeux de chien battu !

2 réponses à « Chami à la ferme »

  1. Avatar de Steiner
    Steiner

    J’adooore la photo du toutou 🙂

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  2. Avatar de Anne-C
    Anne-C

    Après Martine à la ferme…..

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