Ou le jour où Lisa a tenté de me tuer.
Lisa rêvait de retourner à Kauai juste pour faire le Kalalau trail en entier.
Dans le principe, pourquoi pas. Antoine m’a aussi dit que ça valait le détour alors allons-y !
Oui mais attend, je vais p’tet me renseigner un peu plus sur ce trail : 22 miles A/R, besoin d’être en très bonne condition physique, certaines parties sont dangereuses voir risquées si on a le vertige…
Et on n’a pas de matos de rando, mais on a nos gros sacs donc il faut louer du matos et confier nos affaires inutiles quelque part… easy ! … mouais, finalement je ne me sens pas forcément de partir à 2 filles pas tout à fait expérimentées sur un trail où on ne capte même pas le téléphone d’urgence. Surtout que je n’ai pas fait de grosse rando depuis des lustres !
On a donc abouti à un compromis : on fait les 2 premiers miles (réputés les plus difficiles, soit dit en passant) pour aller de Ke’e beach à Hanakapiai puis bifurquer vers les chutes d’eau du même nom donc faire 2miles supplémentaires sur un chemin non entretenu parce que c’est plus drôle comme ça.
Allez, je vous emmène avec moi, maintenant que je connais le chemin !
Vers Hanakapiai Beach
Dès le départ, les panneaux annoncent la couleur :

Et la raideur du sentier donne une bonne idée de ce qui nous attend. Mais bon, ça tombe bien, j’aime bien les sentiers qui montent dans la caillasse donc je sautille d’un cailloux à l’autre pour donner le rythme.
Lisa préfère les descentes donc on se passe le relais régulièrement et ça nous assure une assez bonne allure.
Et assez vite, je comprends pourquoi Lisa est tombée amoureuse de la Na Pali coast :
Des montagnes de verdure qui dégoulinent dans l’océan. Le chant des oiseaux, le bruit de rouleaux qui s’éclatent sur les rocher et les gens qui sourient et disent bonjour quand on les croise. C’est beau, c’est ressourçant.
Et finalement, à part la rivière à traverser juste à l’arrivée à la plage, ce n’est pas extrêmement difficile, le chemin est suffisamment pratiqué à longueur de temps pour qu’il soit relativement praticable. Enfin, à la réflexion, ne pas avoir un gros sac sur le dos aide.
Qu’il est bon de n’entendre que le bruit des rouleaux quand on arrive !
Et de méditer en les regardant fusionner en de grands mouvements marins au loin…
Pas difficile de comprendre qu’il ne vaut mieux pas se baigner ici.
Pourtant, vu le nombre de noyés listés, certains tentent toujours l’expérience…
Vers les chutes d’eau
Allez, on repart à l’aventure !
Cette fois-ci, le sentier est moins évident et moins peuplé. On peut avancer en se sentant seules au monde.
Wilson, où es-tu?
Alors, on profite du calme.
On s’enfonce dans la nature immense. Et on commence à traverser des rivières, parfois faciles…
Parfois difficiles, quand tous les rochers semblent mouillés et glissants et qu’on ne sait plus où poser les pieds.
Je crois que j’ai tenté à peu près tous les modes de traversées de rivières : de rocher en rocher en sautillant quand c’est facile, en bloquant complètement pendant quelques minutes quand on ne voit vraiment pas de chemin, en escaladant de gros rochers et en faisant le grand écart, en m’aidant d’un baton qui n’aide pas toujours quand le courant de la rivière est fort… ou carrément en enlevant mes chaussures pour traverser les pieds dans l’eau, c’est quand même plus simple (enfin non, il parait que le plus simple, c’est de faire ça en regardant les chaussures 🙂 ).
Mais il n’y a pas que les traversées de rivières sur le chemin, il y a aussi les moments d’escalade quand la pente n’est plus une pente mais juste un mur de rochers, et des moments de descente sur les fesses (en général pour le retour des moments d’escalade). Autant vous dire que mon short n’est pas resté beige clair très longtemps et qu’en arrivant aux chutes d’eau, ma zone de confort était loiiiin derrière moi, si loin que je ne la voyais plus.

Tout ça pour aller jouer les sirènes dans une eau gelée 🙂

Et le retour
Après en avoir bavé pendant l’aller, le retour est étonnamment facile. On connait le chemin, on sait à quoi s’attendre et certaines parties sont même plus faciles qu’envisagées à l’aller. Et le paysage est toujours aussi ressourçant.
Chacune médite dans son coin.
Puis on discute de l’article que je vais écrire sur le sujet :
Comment l’appeler ?
Je veux l’appeler « le jour où Lisa a tenté de me tuer » tandis que Lisa souligne qu’elle s’est contentée de de faire sortir de ma zone de confort, qu’elle m’a même emmenée à 8miles de ma zone de confort.
J’ai donc gardé le titre en VO.
Et que dire dedans?
Raconter la balade mais aussi dire que c’est bon de l’avoir fait, qu’on se sent incroyablement bien à la fin, tellement bien qu’on serait presque prêtes à faire le Kalalau en entier ! Alors oui, Lisa a eu raison de m’emmener aussi loin de ma zone de confort et le Mai Tai (cocktail hawaiien) du retour à l’auberge de jeunesse n’aurait pas été aussi bon si on ne l’avait pas fait.
Thanks goddess Lisa 😉
It was très wunderbar !






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