Une journée de workaway

Voilà 2 semaines que je travaille dans une plantation de café à Hawai’i (pour une fois je fais un poste d’actualité en direct ! ). Cette plantation comprend aussi un B&B qui permet de varier le travail, notamment en cas de pluies torrentielles (qui peuvent arriver en milieu tropical).

Alors à quoi ça ressemble une journée de wokaway ?

Ici, on se lève avec le soleil (ou avec les poules) qui a la bonne habitude de se lever à la même heure tous les jours de l’année. Pas besoins de changer d’heure selon les saisons !

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Vers 6h30, on est donc sur le pied de guerre dans la cuisine pour déguster un succulent petit déjeuner préparé par le chef cuisto (ah, j’ai oublié de préciser que les propriétaires tenaient un restaurant à San Fransisco avant d’acheter leur plantation/B&B à Hawai’i).

Miam!

Il ne faut pas venir ici pour essayer de maigrir : même en travaillant on risque de prendre du poids !

On sort de la maison juste après le petit déjeuner pour s’asperger d’anti-moustique, mettre ses chaussures (pas de chaussures dans les maisons à Hawai’i), ses manches longues, son chapeau, attraper sa bouteille d’eau, sa « selle », son seau et son bâton et c’est parti pour 5 heures de travail !

Le sceau, la selle et le bâton
Le sceau, la selle et le bâton (et du bordel autour)

On descend dans le champ du jour qui est un peu comme une boite de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber (sic Forest Gump). Parfois c’est un champ qui ressemble presque à un vrai champ avec de la place. Toutefois, souvent, c’est la jungle pleine de feuilles géantes dans tous les sens, de branches de bois cassé et de rochers par terre : on part à l’aventure !

Hop, voilà des branches pleines de baies rouges. Je les attrape et je cueille. Et je laisse tomber le fruit de ma cueillette dans ma selle.

Café en selle
Café en selle

Oh cette branche est trop haute pour mes petits bras ! qu’à cela ne tienne, je prends mon bâton, j’attrape le tronc, je tire, je coince la corde en bas de mon bâton sous mon pied pour le tenir et je me sers de mes deux mains pour continuer à cueillir.

Et je cueille.

Et je cueille.

Pendant que mes bras agissent, mes pensées s’envolent. Je refais le monde. J’imagine mes prochains articles. Je cherche l’idée de génie qui me rendra millionnaire.

Et je cueille. Tiens des baies jaunes. Pas courant mais ça arrive.

Et je me dis que cette nuit je risque encore de rêver de branches pleines de fruits rouges à cueillir.

Café en grappes.
Café en grappes.

Et je me dis qu’en me promenant sur l’île, la prochaine fois que je verrais un arbre plein de baies rouges, j’aurai une impulsion qui me poussera à aller les cueillir.

Et je cueille.

Et je vide ma selle dans le sceau pour repartir plus légère vers la cueillette.

Tiens, on m’observe.

Un oeil.

Un autre oeil.

Cot.

Oui, c’est une des nombreuses poules qui se baladent en liberté qui vient me rendre visite.

Et je cueille.

Frotte frotte. Des petits pas discrets. Cette fois-ci c’est un des 3 chats de la maisonnée qui vient me dire bonjour.

Et je cueille. J’attrape une branche, je la tire et…

Bonjour monsieur le caméléon!

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Caféléon

5 heures plus tard, la cueillette est terminée. En moyenne 1,5 à 2 seaux ramassés selon la facilité d’accès aux arbres car j’ai oublié de vous parler des lilikoi (fruits de la passion) qui en plantes parasites dignes de ce nom viennent nous compliquer la tâche.

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12h30, c’est l’heure de la douche.

Jamais une douche n’a fait autant de bien contre la poussière, la saleté et la sueur. Et après la douche un bon déjeuner préparé par le chef (ou les restes de la vieille). Déjeuner partagé avec Lisa ma camarade de labeur dans les champs :

– On fait quoi cet aprem ?

– Comme tous les aprems, on essaye de conquérir le monde !

La suite au prochain épisode.

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