Rien que le nom de ce train en jette !
C’est quand même plus poétique de Capitol Limited.
Ca n’est pas le trajet le plus long que propose l’Amtrak (bien qu’en théorie on en ait pour 52h de train) mais c’est le plus renommé par la diversité des paysages qu’il permet de voir.
Sortis de Chicago, on traverse d’immenses plaines agricoles avec des champs de blés à perte de vue. Le Mississipi (le fleuve). Puis d’immenses fermes, notamment le plus grand parc à bétail des US : plus long qu’un train de fret américain, c’est pour dire ! Et vue la densité d’ovins au mètre carré en plein cagnard, ça donne à réfléchir sur l’option végétarienne pour les repas à venir.
Je n’ai pas pu prendre des photos de tout car en mouvement derrière des vitres sales tout de suite ça rend moins bien.

Puis arrive le Colorado (après quand même environ 16h de train), et le conducteur (oui, comme avion, le conducteur commente le trajet) qui nous explique qu’il s’agissait d’une mer, il y a bien longtemps, d’où certains monticules émergeaient en guise d’îles.
Avec le Colorado vient lentement mais surement la traversée des Rockies (les rocheuses).
Ahhh la traversée des Rockies.
Ca ne se raconte pas, ça se vit !
Bon allez, j’essaye de raconter un peu quand même.
Ca commence quand on voit apparaître les monts enneigés des rocheuses au loin, un peu avant Denver. Peu après Denver, on commence à serpenter à flan de montagne avec une vue imprenable sur la plaine et Denver.

Après quelques tunnels, on arrive sur les plateaux rocheux avec les monts enneigés au dernier plan. Puis vient le tunnel ferroviaire le plus long des Rockies : 6,1 miles, 10 minutes de traversées avec interdiction stricte de se déplacer déjà parce qu’il fait noir mais aussi et surtout parce que l’ouverture des portes interwagons est risquée (je n’ai pas très bien compris la nature du risque).
Arrive la rivière du Colorado et une des parties les plus époustouflantes du voyage jusqu’ici : on serpente le long de la rivière au cœur d’un parc naturel. Autour il n’y a rien. Plus de fermes, plus de stations de ski comme on en croise au début de la traversée. Juste la rivière, quelques pêcheurs, quelques cannoés et la nature dans sa robe automnale.

Pfiou.

Quelle claque.
Dur de se forcer à aller manger quand on est scotchés à l’observation deck. Heureusement que le wagon restaurant est bien placé !

Petit à petit, le paysage devient plus rocailleux, les pentes plus abruptes : on commence la descente dans le canyon. Les roches aux dégradés d’ocres rouges, blancs et dorés viennent s’ajouter au tableau.
Tout ça sous un beau ciel bleu.

On en finit par se demander quand viendra la nuit pour qu’on soit forcés de ne plus regarder par la fenêtre.
Mais les Rocheuses ne sont pas le seul moment impressionnant.
Au réveil, le lendemain, à l’aube (décalage horaire oblige), à peine un œil à moitié ouvert que l’on regarde par la fenêtre. Voilà le désert du Nevada qui point sont nez sous les premiers rayons du soleil.
Pour le coup, les photos ne rendent vraiment rien mais ces nuances de rouge et d’ombre sur un paysage désertique avec quelques monticules au loin… Qu’importe les heures de retard. C’est tellement beau !
Puis, pendant les premières heures de la matinée, le bush aride agrémenté de quelques buissons et de beaucoup de sel se déroule sous nos yeux. On voit même par endroit des nappes de sel sans eau donnant l’effet d’une légère couche de neige sur ce désert.

Il y a très peu d’habitation. Les fermes sont réduites à leur minimum vitales et on croise surtout des villages fantômes et quelques animaux sauvages (dont des mustangs).
Puis arrive Reno, le petit Las Vegas du coin, et avec Reno l’entrée dans la Sierra Nevada où le train longe tranquillement les lacs et des petites montagnes drapées de pins vert foncés et d’autres arbres feuillus pour rajouter du rouge, du doré et du jaune.

Ma voisine de cabine, habituée du voyage, me confirme que c’est la meilleure période pour faire ce trajet : les couleurs de l’automne sont les plus belles. Et il faut ajouter qu’on a la chance d’être toujours accompagnés d’un beau ciel bleu.

En conclusion, si vous hésitez, je vous conseil de tester le California Zephyr depuis Denver jusqu’à Sacramento voire même Emeryville mais entre ces deux villes le personnel de bord commence à plier bagage donc c’est un peu moins ambiance croisière.
Et faites le en couchette, si vous ne voyagez pas seul : ça peut se rentabiliser vite surtout que tous les repas sont compris. Le lit est quand même plus confortable qu’un siège et que le personnel est au petits soins.

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