Ponctualité et Chicago
Dans l’idée, le train c’est sympa, on peut se poser ou se balader, voir de beaux paysages, surtout en début d’automne les mélanges de rouge vif, de jaunes dorés et de verts… On se déconnecte (pas d’internet pendant le voyage ni dans la gare), on profite, on rencontre des gens de tous horizons des retraités américains aux touristes business class néerlandais en passant part les étudiants chercheurs espagnols et les néo hippies de tous les âges.
Dans les faits, il y a de ça, mais pas que.
Il y a aussi beaucoup de retard, beaucoup d’attente et très peu d’explications…
Surtout à Chicago apparemment.
Au lieu d’arriver par train à 8h, j’ai testé un scénario où nous avons été débarqués à Toledo à 7h pour prendre des bus et arriver à 11h30 à Chicago.
Aux US, on enregistre ses plus gros bagages pour le train comme on peut le faire pour l’avion et on les récupère à la sortie sur des tapis roulants avec quelqu’un qui vérifie que l’on prend bien le bon bagage. Là dessus, ils sont assez efficaces car malgré tous les changements de plans mon sac m’a bien suivie à Chicago !

Depuis mon arrivée à Chicago je n’ai vu que des trains retardés et entendu parler de cas bien pire que le mien, notamment les 8h de retard du train provenant de New York qui ont abouties à une nuit d’hôtel pour ses passagers. J’attends mon California Zephyr patiemment assise dans la file d’embarquement comme tous les autres : jeunes, vieux, mormons… Comme pour les avions, le train est affiché à une porte d’embarquement à laquelle on passe un premier contrôle. On voit la longue liste de trains retardés clignoter à l’écran et on attend des informations qui viennent au compte goutte. Personne ne sait estimer précisément le retard à venir.

Le personnel de l’Amtrak (la société nationale de transport de voyageur en trains) fait de son mieux pour que tout se passe bien mais un certain nombre de choses échappent à sa bonne volonté :
- premièrement, les rails appartiennent et sont gérées par les compagnies de fret. Du coup, les passagers passent après la marchandise et l’Amtrak n’a pas d’informations de première main sur la gestion du trafic ferroviaire. Il semblerait que les récoltes céréalières cette années soient excessivement bonnes, d’où un trafic de fret plus important que d’habitude à l’automne.
- par ailleurs, d’après ce que l’on nous a expliqué, les ingénieurs et techniciens en charge de la gestion du trafic ferroviaire sont en sous-effectif donc ne sont pas en capacité de gérer correctement l’ensemble des infrastructures sur ce grand pays (si vous cherchez du boulot au US, vous pouvez toujours tenter votre chance par là !).
- enfin, dans un souhait de promouvoir les déplacements ferroviaires, de nombreux travaux sont en cours pour augmenter les infrastructures . Ces travaux impactent la circulation des trains.
Au final, je n’ai donc qu’entre-aperçu Chicago entre 2 problèmes de transport. Je me console en me rappelant que des américains m’ont dit que sur mon choix de grandes villes américaines à visiter, s’il y en avait une que je pouvais me contenter de survoler c’était bien Chicago.
Mais j’aurai bien aimé voir si on pouvait y manger aussi bien qu’au Chicago Meatpacker de mon enfance.

Et je me console aussi en me disant que j’ai eu le droit à un lever de soleil imprenable sur la gare de Toledo.



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