Sicile étape 5 : le Stromboli

Ahh, le clou de nos vacances, la grande expédition pleine de suspens… et l’un de nos plus beaux souvenirs.

Par où commencer ?

Par la bonne idée d’Anne-C de faire la comparaison entre réserver une expédition tous frais payés depuis Lipari et une organisation perso (réserver séparément bateaux, logement, repas, et guide car quoi qu’il arrive on ne peut pas monter sur le Stromboli sans guide…). Vous l’aurez compris dans l’article précédent, nous avons opté pour la première option qui est plus simple (pas besoin de stresser pour prendre le bateau du retour car le bateau nous attend), plus économe car la nuit sur le Stromboli c’est pas donné, et, en plus, on fait escale à Panarea et donc on découvre une 4ème île au passage!

Un avantage auquel nous n’avions pas pensé dans le détail et qui au final a été fort utile : en cas de mauvaise météo ou d’éruption violente, l’excursion est repoussée et on est pas bloqués sur une île volcan avec pas grand chose à faire (ce qui aurait été le cas si on avait dormi sur le Stromboli). Avantage que nous avons testé en direct : mauvaise météo le mercredi, impossible de monter au sommet ce jour là donc… qu’à cela ne tienne, c’est repoussé au jeudi et nous avons une journée entière pour visiter Lipari.

Jeudi matin, suspens : que dit la météo ? …

C’est pas encore le grand ciel bleu mais c’est déjà mieux donc on peut y aller.

La traversée est longue, mouvementée et arrosée. L’escale à Panarea n’est pas pour nous déplaire et nous appréhendons le retour d’une traite.

Panarea

Panarea est une petite île bien jolie et colorée où les gens circulent… en voiturettes électriques de type voiturettes de parcours de golf. Ça fait bizarre de voir une voiturette de golf avec un écriteau Taxi qui croise une autre voiturette pleine de packs d’eau…

Panarea étant le Saint-Tropez local, les commerces sont d’autant plus chers qu’à peu près toutes les denrées sont importées.

L’escale est agréable et pour autant nous sommes bien contents de ne pas y rester plus que le temps d’une escale.

L’ascension du Stromboli

On ne monte pas sur le Stromboli comme on monte sur une montagne. A l’instar de son voisin l’Etna, le Stromboli est toujours plus ou moins en éruption. Le Stromboli se spécialise par contre dans les projections que les gens viennent observer d’un cratère voisin à la tombée du jour.

Cela veut dire :

– qu’on fait l’ascension le soir (ça tombe bien comme ça on ne meurt pas de chaud).

– qu’on fait l’ascension (et la descente) dans la cendre froide qui s’insinue partout dans les chaussures, chaussettes etc.

– qu’on va se les cailler une fois en position d’observation car il va faire nuit, on sera en hauteur et il y aura du vent.

Quelques jours avant notre arrivée, le Stromboli a été fermé aux excursions pour cause de grosse éruption avec des projections jusqu’aux postes d’observation. Quelques jours plus tard, le Stromboli a été de nouveau fermé pour apparition d’un nouveau cratère. Autant dire qu’on a visé juste !

Avant de monter, les guides ont vérifié notre équipement, nous ont fourni les casques et ont envoyé ceux qui n’avaient pas de bonnes chaussures aller en louer à la boutique voisine. Les guides sont donc bien rodés pour nous faire circuler en toute sécurité autour du volcan.

On est ainsi partis pour monter lentement mais sûrement, à travers les caillasse et le sable gris. Ça grimpe sec mais pas trop dur et il suffit de se retourner pour se dire que rien que pour une vue comme ça on ne grimpe pas pour rien.

Le guide fait des pauses régulières (plus ou moins toutes les heures) où il en profite pour nous donner des explications concernant le volcan, la faune, la flore et l’histoire de l’île.

L’observation

Après environ 2h30 de montée, nous arrivons en vu du cratère en éruption. Les casques sur la tête, nous ne sommes pas encore arrivés au poste d’observation que nous assistons déjà à une superbe éruption. C’est de bonne augure pour la suite !

Mais la météo n’est pas aussi bonne que prévu : pas moyen d’approcher plus près du cratère actif. Donc nous nous contentons d’observer son petit frère voisin dans le froid des hauteurs. Enfin c’est déjà pas mal. Nous observons ainsi 4 ou 5 très belles éruptions toujours aux moments où on s’y attend le moins.

Difficile de vous raconter plus dans le détail les éruptions… ça se vit mais ça ne se raconte pas. Même les vidéos ne sont pas à la hauteur de la réalité.

La descente

La descente se fait de nuit donc pas de photo disponible… imaginez vous descendre une immense dune, bien raide, tout droit vers la mer. Et au pas de course s’il vous plait ! Tant pis si vous ramenez l’équivalent d’une plage dans vos chaussures, il ne faut pas ralentir le flux de personnes qui descendent donc hop hop hop on descend !

Dans la nuit, à la lampe frontale, c’est une belle expérience.

Il y a d’abord à voir la file indienne de lampes frontales qui tracent derrière soi puis, quand on arrive dans les fourrées plus hautes que nous, que ça trace devant mais que ça ne suit pas derrière, on s’arrête 2 minutes, on éteint la frontale pour voir l’immensité du ciel se dévoiler.

Avec le grondement du volcan derrière.

Et même une auréole de rouge au dessus du volcan.

Comme un reste de coucher de soleil oublié derrière le volcan en plein milieu de la nuit.

Seul, et en sécurité dans la nature

Entouré de beau

Si seulement je pouvais vous montrer

Une petite expérience tant qu’on y est : on allume la frontale et hop le monde se réduit d’un coup d’un seul au faisceau éclairé par la frontale : trois cailloux, quelques herbes hautes et rien d’autre. On l’éteint à nouveau et hop tout redeviens plus grand et on se sent plus petit.

Pfiou, je ne sais pas ce que j’ai préféré entre l’ascension, l’observation et la descente mais c’était franchement une superbe journée et on est assez fatigués pour ne pas trop sentir passer le retour en bateau.

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